Vendredi 13 novembre 2009 5 13 /11 /Nov /2009 12:19

Invitée par les étudiants de la Licence professionnelle « Techniques et pratiques rédactionnelles appliquées à l’édition » de l’Université du Mirail (Montauban), Adrienne Alix, présidente de l’association Wikimédia France s’est prêtée au jeu des questions-réponses pour décrypter le fonctionnement de cette encyclopédie unique sur Internet.

 

Wikimedia France...

...est une association à but non lucratif (loi de 1901), créée le 23 octobre 2004, qui soutient la libre diffusion des savoirs. Elle travaille en collaboration avec la Wikimedia Foundation, aux Etats-Unis, dont l’objectif est de promouvoir l’accès gratuit à une encyclopédie sur Internet par le biais de Wikipédia. Apparue en France en 2001, cette encyclopédie publie huit ans plus tard 870 209 articles en langue française et emploie une trentaine de salariés. Cependant, il s’agit pour l’essentiel d’un travail fondé sur le bénévolat. La Wikimedia Foundation a donné à Wikimedia France le statut d’association locale, laquelle est totalement indépendante.

Edithor : Pouvez-vous nous expliquer comment fonctionne le système de contributions pour un article donné ?

Adrienne Alix : C’est très simple. Tout internaute désireux d’aborder un thème peut rédiger un article et le mettre en ligne. Aucune sélection n’est faite à l’entrée. Le principe de base pour obtenir une information fiable et vérifiable est que plus un article est lu et corrigé en commun, plus le risque d’erreur est faible. En pratique, ce consensus fonctionne très bien. Chaque participant de l’encyclopédie, pouvant à la fois être auteur et correcteur, est en mesure d’apporter des  modifications (partielles ou totales) ou de simples précisions sur un article publié. La traçabilité des corrections reste visible par tous, par le biais de la page « modifications récentes », en place sur le site de l’encyclopédie.

Comment faites-vous pour éviter que Wikipedia soit utilisé pour véhiculer certaines théories controversées ?

Au départ, ça se règle par la discussion, parce qu’à chaque article est associée une page de discussion. Il y a tout un tas d’instances de médiation. Certains contributeurs vont essayer de confronter différents points de vue pour avoir quelque chose de cohérent et d’équilibré. Mais, dans la version anglaise, par exemple, on a eu un problème avec la Scientologie parce que ses membres passaient leur temps à surveiller les articles la concernant et faisaient en sorte d’écarter toutes les contributions qui donnaient une mauvaise image d’elle. Au bout d’un moment, c’est devenu tellement ingérable que toutes les adresses IP venant de la Scientologie ont été bloquées. C’est la seule fois où Wikipedia a décidé, en communauté, d’interdire à un groupe d’écrire ses articles. Sinon, on fait toujours le pari que la confrontation de points de vue et le fait qu’il y ait beaucoup de personnes qui passent sur les articles finissent par déboucher sur des articles consensuels.

De quels autres moyens disposez-vous pour contrer ces dérapages ?

Les administrateurs peuvent bloquer certains contributeurs ou protéger certains articles quand ils sont trop édités et modifiés. On ne bloque pas un article pour ce qu’il y a dedans mais par l’activité anormale qu’il peut y avoir sur un article. Par exemple, j’avais protégé un article sur les OGM pendant un certain temps parce qu’il y avait une guerre dessus entre les partisans et les opposants, c’était ingérable. Moi, je ne connais rien au sujet, mais à un moment, j’ai dit : ce n’est pas possible... Je bloque l’article et quand vous aurez discuté, que vous serez arrivés à une version qui convienne aux partisans, aux opposants, aux scientifiques, aux marchands... on va débloquer l’article pour mettre en ligne cette version-là.

Que se passe-t-il au cas où un article porte atteinte à une personne ou une institution ?

Ce n’est pas parce qu’on est anonyme qu’on n’est pas responsable de ce qu’on écrit. Une personne qui s’estime diffamée par un contributeur peut parfaitement porter plainte. La police demande alors l’adresse IP de la personne qui a écrit le texte à la Wikipedia Fundation, l’hébergeur technique, qui  a l’obligation de donner cette adresse. Une fois la personne identifiée, l’enquête suivra son cours. De toute façon, si une personne dit du mal de moi, la première chose que je peux faire, c’est cliquer sur modifier et enlever ce qui ne va pas. Si je ne sais pas comment faire la modification, je peux contacter quelqu’un d’autre. Ça arrive régulièrement sur la page de discussion de l’article, c’est la première étape.

Comment financez-vous vos activités ?

Wikimédia reçoit des dons tant au niveau de la Fondation qu’au niveau national. L’année dernière, on a comptabilisé 100 000 euros émanant soit directement de chez nous, soit de personnes qui, par le biais de la page du site de la Fondation, ont pu offrir une contribution à l’association locale de leur choix. Le don moyen en France est autour d’une vingtaine d’euros, il y a très peu d’entreprises qui donnent de l’argent, ce sont vraiment des dons individuels. Wikipédia a entamé une démarche pour être reconnue d’utilité publique mais ce n’est pas encore validé et les participations actuellement versées ne peuvent faire l’objet de réduction d’impôt. Les dons servent pour 50 % à mener des actions, au niveau local et les 50 % restants, à en mener d’autres, au niveau international.

Êtes-vous en concurrence avec des autres encyclopédies sur Internet ?

On n’est pas sur une problématique de concurrence, on n’est pas une entreprise, on n’a pas de part de marché à gagner. On est très content que Wikipedia ait du succès, c’est gratuit, le contenu peut être réutilisé, c’est libre de droits... Si quelqu’un en face donne un autre contenu, Universalis, Larousse, etc. c’est très bien. Plus il y a de culture, plus ça se diffuse, plus on est content. On ne gagne pas d’argent.

 

Propos recueillis par Muriel Minet, Marie Vachette et Normando Gil

 

Par Edithor - Publié dans : Blog de bois - Communauté : Apprentis journalistes
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Jeudi 12 novembre 2009 4 12 /11 /Nov /2009 18:13

Amis étudiants, le mois de novembre pluvieux vous déprime ? Profitez-en pour faire quelques sorties et vous aérer les neurones ! Une foultitude de manifestations en tout genre est disséminée dans nos villes, à des tarifs plutôt légers ! Voici quelques idées…


A Toulouse, pour les amoureux des mots que nous sommes, la médiathèque de Toulouse propose ce mois-ci de nombreux rendez-vous qui promettent d’être riches en sensations et en mots, sous toutes ses formes !

Tout d’abord, une exposition autour d’un journal, celui du « Journal des lecteurs », créé par les élèves de l’académie de Toulouse, qui lisent, écrivent  sur leurs lectures, commentent leurs réactions, notent leur évolution et se réjouissent de cette trace valorisante de leur sensibilité critique.          
 Inauguration le Jeudi 12 novembre à 18h. L’exposition sera visible du 10 au 29 novembre, à la médiathèque José-Cabanis, Atrium jeunesse (rez-de-jardin) ainsi que dans la salle « intermezzo » et la coursive du deuxième étage.

Toujours à la médiathèque José-Cabanis, au grand auditorium,  le 18 novembre  à 18h, une « lecture croisée » sera animée par des animateurs du GREP, avec des échanges de réflexions autour d’un auteur et d’un livre inscrit dans le monde d’aujourd’hui. Le tout agrémenté de lectures d’extraits d’ouvrages pour notre plus grand plaisir, comme le privilège de découvrir le livre de Claude Lanzmann, Le lièvre de Patagonie (éditions Gallimard). Ce journaliste et cinéaste reconnu y mêle évocations cinématographiques et historiques : la réalisation de son film Shoah, l’Occupation, la Résistance, ou encore ses rencontres avec Sartre et Beauvoir…

Dans le même thème sur la lecture, ne ratez pas le 27 novembre à 18h, au même endroit, « poésique », une lecture poétique avec Daniel Giraud, poète libertaire, autodidacte, fondateur de la revue Révolution intérieure. Intéressé par la pensée chinoise Ch’an, l’astrologie et l’alchimie l’auteur-lecteur incite à une rencontre forte en découvertes !
Entrée libre pour les manifestations de la médiathèque.

Médiathèque José-Cabanis, 1 allée Jacques Chaban-Delmas, 31506 Toulouse.


Pour les étudiants montalbanais, rien n’est perdu !
 À compter du 23 novembre, Sylvie Germain s’installe pour une douzaine de jours à Montauban. L’auteur est en effet l’invitée du festival Lettres d’Automne cette année. Au programme : une « mise en bouche cinématographique » le week-end précédant le festival, des « lectures musicales déambulatoires » en centre ville, des ateliers de lecture, d’écriture, de découverte de la marionnette, de sculpture et d’illustration, et de nombreuses autres surprises jusqu’au 6 décembre. Le tout demeure assez abordable, avec plus de 30 manifestations gratuites, des pass à des prix avantageux et des tarifs spéciaux pour les moins de 26 ans. L’association ALMA (Association des libraires de Montauban) s’associe d’ailleurs aux Lettres d’Automne dans le cadre des manifestations autour du livre et de l’insolite qu’elle organise cette année, avec des lectures et des performances le dimanche 6 décembre à partir de 10 heures place Nationale et un Loto dérisoire à 17h au foyer du théâtre Olympe-de-Gouges.

Toutes les informations sont disponibles sur ce lien : http://www.confluences.org/IMG/pdf/Programmecomplet_LA09.pdf


Et si on allait à la rencontre de notre regard ?
Poussons la porte de l’espace Saint-Cyprien à Toulouse et allons découvrir l’œuvre de Sylvian Meschia…   Des blancs, des ocres, rehaussés de bleu azur, effets d’ombre et de lumière sur des surfaces finement ciselées, harmonie de la transparence et de l’opacité. Son coup de pinceau se pose comme la recherche d’un langage graphique personnel et d’une grammaire des signes..
Fusion de plusieurs grandes respirations picturales et littéraires, l’œuvre foisonnante de Sylvian Meschia est une ode au métissage des cultures, alliant la céramique et la calligraphie.

Jusqu’au 2 décembre. Espace Saint-Cyprien, 56 allées Charles-de-Fitte, 31300 Toulouse.


La galerie d’art contemporain le Bond de la baleine à Bosse (bbb)  a choisi de mettre en avant Florence Garrabé autour d’une installation nommée "Le Labyrinthe du dedans". Embarquez pour un aller-retour entre deux mondes laissant apparaître parfois un bout de chair juste un peu à vif. Florence Garrabé s’intéresse aux actualités : les faits tels qu’ils nous sont restitués, la violence du monde et les images qui nous en sont rapportées, dans les journaux, à la télévision. Plusieurs séries seront présentées qui mêleront les techniques de "petite main" aux nouvelles technologies.

Jusqu’au 5 décembre. Plan d’accès, programme et horaires sur leur site : http://www.lebbb.org/


Un petit concert pour se ravigoter les oreilles !

En ces temps pluvieux, cala fait du bien de profiter de Wax Tailor, de passage en Tarn-et-Garonne, ainsi que d’Alcary Nine, pour une soirée hip-hop/trip hop organisée par l’association Le Rio. Rendez-vous donc  à 20h30 à la salle de concert Le Rio, à Montauban, à 20h30 le 14 novembre.

Pour plus de renseignements : http://www.myspace.com/associationlerio.


Action ! Tous au cinéma !

Le Festival extrême Cinéma programmé en novembre, qui a pour thème l’apocalypse, fait espérer de bonnes heures passées dans la salle obscure de la cinémathèque de Toulouse, avec ce festival souvent friand de Séries B (voire Z) bien saignantes. Un thème « explosif » avec des œuvres majeures comme  le cultissime Mad Max, en passant par La bombe, film d’anticipation de 1966, The proposition, scénarisé par Nick Cave ou encore le mésestimé Wolfen. Bref, du lourd, du beau, du frisson et parfois un zeste de parano, un cocktail détonnant qui donne envie d’aller se décrasser la tête ! Pas moins de 22 films seront projetés du 17 au 21 novembre.

Tarif étudiant : 4 euros la place. Pour en savoir plus sur les films et les horaires : http://www.lacinemathequedetoulouse.com/bns/23/seances  

Les Montalbanais pourront quant à eux profiter du cinéma Le Paris, en centre ville, ou encore du Cap Cinéma en périphérie…


Ainsi font font font…

Les marionnettes s’invitent à Tournefeuille à partir du 24 novembre pour la douzième édition du festival des formes animées Marionnettissimo. Au programme cette année, cinq jours de spectacles pour adultes ou pour toute la famille produits par quatorze compagnie d’ici ou d’ailleurs. Rendez-vous donc à Tournefeuille et dans dix autres villes du Midi-Toulousain pour « transgresser allègrement les frontières du réel et de l'imaginaire, pulvériser les barrières des générations en s'adressant à tous les publics, faire exploser les codes qui séparent théâtre, danse, arts visuels... »
.
Plus d’informations sur la programmation et les tarifs sur le site du festival : http://www.marionnettissimo.com/festival2009/

Ces idées ne vous ont toujours pas inspiré ? Il ne vous reste plus qu’à vous faire une petite partie de course de caddie dans un centre commercial de votre choix. Jeu grandeur nature, riche en frissons, le but ? Fuir les vigiles et remporter la course ! Tarif : 1 euro.

Mélanie et Chloé
Par Edithor - Publié dans : Des mots niaques
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Jeudi 12 novembre 2009 4 12 /11 /Nov /2009 17:50


Pas sérieux...

Les députés UMP sont peu nombreux le jeudi. Ce qui contraint le gouvernement à reporter le vote de certaines lois dont le scrutin pourrait être serrés le mardi, pour éviter un éventuel rejet, pour peu qu'il y ait plus de députés de l'opposition...

On dirait qu'Hadopi a servi de leçon...

(Le Canard enchainé du 4/11/2009)

 

Mise en bière:

Une brasserie autrichienne propose une cure thermale inédite: les curistes peuvent barboter dans une piscine... remplie de 20 mètres cubes de bière. Idéal pour évacuer la pression...

( Yahoo! News insolites)

 

Un caïd qui ne pèse pas lourd

Charles Pasqua, 82 ans, condamné à 3 ans de prison (dont un ferme) pour vente d'arme illégale à l'Angola et mis en examen en même temps que Jacques Chirac dans l'affaire d'emplois présumés fictifs à la mairie de Paris entre 1992 et 1995, déclare sur France Inter (2/11/09) : "Vous croyiez que ça me fait peur ? Je n'ai peur de rien ! Mettez-vous ça dans le crâne ! Diffamez, diffamez, il reste toujours quelque chose, tout le monde était au courant." Et le journaliste de commenter : "Voilà quelqu'un qui a été un caïd toute sa vie, en Angola, au RPR, et qui finit comme une balance."

 

Une dame qui a du chien...

A Mirande, dans le Gers, une femme de 83 ans a fait la leçon à des adolescents qui avaient pris son chien en otage. Ils voulaient demander une rançon, mais n'ayant aucune idée du montant, la vieille femme leur a donné une bonne leçon de morale. Le brave toutou lui a été rendu sain et sauf, et elle a précisé qu'elle ne porterait pas plainte contre eux.

(La Dépêche du Midi du 4/11/2009 et Yahoo! News insolite)

 

L'épidémie qui tue

À Lyon, le collectif AC! (Anti-Chômage) a organisé une action de mise en quarantaine anti Grippe P : "Empêchons la propagation de la plus pernicieuse des pandémies : la précarité". Vêtus de combinaisons blanches, la bouche recouverte d'un masque sanitaire, ils se sont introduit dans un lieu de propagation de la Grippe Précaire (le Pôle Emploi Opéra). Ils ont alors dégainé des rouleaux de scotch de sécurité et procèdé à une sécurisation des lieux, des personnes et du matériel : ordinateurs, guichets, téléphones, bornes libre-service, panneaux d'information. "Mettons en quarantaine les organismes publics et privés qui précarisent !"
(Vu sur le site rebellyon.info)

 

Dispute à l'italienne...

Un sicilien de 30 ans condamné à purger la fin de sa peine à son domicile en résidence surveillée, a préféré retourner en prison plutôt que de subir les griefs de sa femme. Mais les policiers , estimant qu'il dérogeait à la décision du juge , l'ont renvoyé chez lui avec l'ordre de se réconcilier avec sa femme.

( Yahoo! News insolite)

 


 Julien et Sullivan

 

 

Par Edithor - Publié dans : L'inkickable
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Mercredi 11 novembre 2009 3 11 /11 /Nov /2009 16:41

Le Rio Grande, la salle de musiques actuelles de Montauban va accueillir Wax Tailor, le groupe trip hop français connu internationalement.

Wax Tailor, c'est une histoire qui débute en 2004, année où le groupe sort son premier EP intitulé Lost the Way. Dés les premiers moments, Wax Tailor intrigue et intéresse plusieurs journalistes et médias qui voient en lui un dépassement de ce qui se faisait en matière de hip hop orchestral. En mars 2005, le groupe sort un premier vrai album appelé Tales of the forgotten Melodies et signe une musique au croisement des genres, des tendances, hip hop, électro mais en même temps bien plus que cela. Inclassable. Le public plébiscite cet opus en achetant et des radios comme Nova ou Fip mais aussi France Inter passent les morceaux. C'est l'heure des premiers concerts. Pas évident pour un DJ, mais celui-ci est accompagné d'une chanteuse, d'un violoncelliste et d'une mise en image. Wax Tailor fait une soixantaine de dates dans toute la France, parfois accompagné d'autres groupes évoluant dans le même milieu électro et alternatif, comme Le Peuple de l'herbe ou DJ Krush.
En 2006, le groupe part conquérir le monde et fait plusieurs concerts en Europe, aux Etats-Unis, au Canada et en Asie. Le succès est tel outre atlantique que Hope & Sorrow, le deuxième album, enregistré entre la France et les Etats Unis, est mastérisé à New York par Tom Coyne.
Ce nouvel album laisse plus de place aux voix mais reste tout autant inclassable que son petit frère. On range généralement Wax Tailor dans la case réductive Trip Hop ou bien Abstract hip hop, mais en réalité le groupe a fait exploser toutes les barrières de la musique et c'est tant mieux. Il y a dans leur musique du hip hop et de l'électro, mais aussi des accents certains de soul et de jazz, un peu de funk et même de légers refrains pop. Wax Tailor n'est pas un suiveur, il défriche de nouveaux espaces sonores et personne ne semble s'en plaindre.
Vivien

Wax Tailor au Rio Grande à Montauban le samedi 14 novembre à 20 h 30. Tarif : 21 euros (tarif réduit : 18 euros).
Alcary Nine, groupe de hip hop hybride mi-toulousain, mi-lyonnais se chargera de la première partie.





Par Vivien B. - Publié dans : Des mots niaques
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Lundi 9 novembre 2009 1 09 /11 /Nov /2009 10:55

« Le temps et l’espace sont morts hier. Nous vivons déjà dans l’absolu, puisque nous avons créé l’éternelle vitesse… » (Marinetti)


Il y a un siècle exactement paraissait, à la Une du Figaro du 20 février 1909, le « Manifeste du Futurisme », célèbre texte fondateur du mouvement (1), écrit par un poète italien, Filippo Tomaso Marinetti. Surnommé la « caféine de l’Europe », il va rapidement entraîner dans son sillage non seulement de nombreux poètes, mais aussi des peintres, des sculpteurs, des architectes, des cinéastes, des musiciens et bien d’autres artistes assoiffés de représenter le modernisme de l’époque : le dynamisme de la ville, les inventions, la vitesse du changement.

Dès 1905, en proposant dans sa revue Poesia une enquête sur le vers libre, où il prône la création d’une « poésie libre, émancipée de tous les liens traditionnels, rythmée par la symphonie des meetings, des usines, des automobiles des aéroplanes volants », Marinetti devint un catalyseur de l’esprit d’avant-garde en Europe.

Ce qu’il surnommera le verlibrisme, puis le motlibriste (2) caractérisent des vers dynamiques, tournés vers la machine et la vitesse, et dont les formes littéraires, sonores et graphiques permettent selon lui de refléter le plus fidèlement la vie moderne : apparaissent des poésies où les mots se suivent comme autant de flashs visuels, sans règles de grammaire ni de syntaxe, laissant libre cours à une imagination débridée qui ouvrira une route vertigineuse en mêlant à la poésie des langages aussi différents que la musique, le dessin ou la calligraphie. C’est le début de la poésie sonore et la naissance des ‘mots en liberté’, ancêtres de l’Oulipo.

Le futurisme touchera rapidement toutes les formes d’expressions possibles et inimaginables.

Les peintres (Balla, Boccioni, Carrà, Russolo, Severini), signeront également le « Manifeste des peintres futuristes », définissant la peinture comme un art dynamique : ils ne peignent  plus de natures mortes mais des paysages urbains, l’effervescence des villes, les foules révoltés, les machines...

Le mouvement sera connu à travers ses manifestations de rues, précurseur d’une nouvelle forme d’action qui deviendra le modèle pour les futurs adeptes des « performances » et « happening », ainsi que par ses célèbres soirées futuristes, organisées dans de nombreuses grandes villes italiennes. Leur organisation restera mémorable : mettant en scène Marinetti ainsi que les adeptes du mouvement, qu’ils soient peintres, poètes ou musiciens, leurs nouvelles œuvres seront présentées sur fond de déclamation de vers, de toiles et de délire théâtral.

La durée de vie futurisme n’aura malheureusement eu d’égale que son endémique vitesse ; dès la fin de la guerre, les étincelles jaillies de son explosion retombent en fumée ; Marinetti, adhère en 1919 au parti fasciste, bien que ces derniers aient toujours considéré son art comme dégénéré, et jette le discrédit dans le milieu ouvrier militant et autres artistes qui le soutenaient. Cet acte scinde le mouvement, le menant rapidement à son extinction.  Néanmoins, le futurisme aura révolutionné l’art et jeté les bases de nombreuses formes artistiques du futur.

Nina

(1) Le mouvement futuriste durera de 1909 à 1919  - Voir encadré ci-dessous

(2)Les célèbres planches motlibristes paraissent dans une revue crée par Marinetti, L’Italia futurista.

Peinture: Giacomo Balla 

 

                     Le manifeste fondateur du mouvement futuriste

 « 1. Nous voulons chanter l'amour du danger, l'habitude de l'énergie et de la témérité.
2. Les éléments essentiels de notre poésie seront le courage, l'audace, et la révolte.
3. La littérature ayant jusqu'ici magnifié l'immobilité pensive, l'extase et le sommeil,
nous voulons exalter le mouvement agressif, l'insomnie fiévreuse, le pas gymnastique,
le saut périlleux, la gifle et le coup de poing.

4. Nous déclarons que la splendeur du monde s'est enrichie d'une beauté nouvelle: la beauté de la vitesse. Une automobile de course avec son coffre orné de gros tuyaux tels des serpents à l'haleine explosive... une automobile rugissante, qui a l'air de courir sur de la mitraille, est plus belle que la Victoire de Samothrace
5. Nous voulons chanter l'homme qui tient le volant dont la tige idéale traverse la terre, lancée elle-même sur le circuit de son orbite... C'est en Italie que nous lançons ce manifeste de violence culbutante et incendiaire, par lequel nous fondons aujourd'hui le Futurisme parce que nous voulons délivrer l'Italie de sa gangrène d'archéologues, de cicérones et d'antiquaires... »
F. T. Marinetti
Par Edithor - Publié dans : La cinquième de couverture
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